Derrière des terrains d’action variés (humanitaire, écologique, défense des droits des personnes, etc.) se sont rassemblées, sous le même vocable d’ONG[1], des organisations parfois difficiles à cerner (Ryfman P. 2004), mais s’inscrivant toutes dans le modèle associatif. En quelques années un certain nombre d’entre elles sont devenues de véritables « multinationales du cœur » (Pech T. et Padis M.O. 2004) et ont eu à s’adapter rapidement à des contextes réglementaire et organisationnel différents selon les pays d’implantation. Ce faisant, elles ont dû faire face à un problème qu’elles n’avaient pas forcément anticipé - celui de leur propre développement – et à répondre à un besoin devenu central : celui de gérer (Quéinnec E. et Igalens J. 2005). Dès lors, une contradiction s’est insinuée : peut-on de concert militer et gérer ? (Rousseau F. 2004).
Dans les rapports entre associations et pouvoirs publics on considère le plus souvent que les associations constituent un service public « au rabais » et que les politiques les instrumentalisent. Contre ces clichés, l’expérience présentée ci-dessous montre que l’association peut apporter des réponses à des problèmes non résolus mais aussi qu’elle peut se servir de dispositifs législatifs comme d’un levier. L’association Thélèmythe a été fondée en 1989 dans le but de pallier la carence manifeste en matière de prise en charge d’adolescents en difficulté. La situation de cette catégorie d’usagers confiée à l’Aide sociale à l’enfance ne trouvait pas, dans le dispositif de l’époque, de réponses adéquates. Le manque a été comblé par une proposition non traditionnelle à visée socio-éducative et thérapeutique, couplage original et efficient qui a défini le principe de l’action de l’association.
La place des associations dans la société française est au centre de débats récurrents depuis plusieurs siècles. Les termes de ces débats ne sont d’ailleurs pas toujours explicites et l’on peut, à propos d’aujourd’hui comme d’hier, considérer comme relativement consensuels des constats qui recouvrent en réalité de réels antagonismes. Le rapport entre associations et démocratie, par exemple, est un sujet sur lequel s’affrontent des conceptions différentes de la répartition des rôles en matière de politique et de gouvernement, mais qui sont peu débattues en tant que telles. Les raisons de cette relative absence de débat sont multiples et le conditionnement des mentalités semble à cet égard un facteur central, avec finalement une relative confusion sur ce que recouvre le politique.
Que l'Association soit un espace de démocratie, cela ne fait pas de doute, à la fois exercice concret de démocratie dans la capacité individuelle à s'associer librement à d'autres mais également expérience collective à agir sur l'espace public. Mais qu'en est-il de cette dimension démocratique dans le cadre des entreprises associatives que sont les associations d'actions sociales ?
Le caractère libre et volontaire des réalisations mutualistes doit être promu et protégé, explique ce texte de la FNMT daté de 1978 : il garantit la meilleure prise en compte des besoins des populations ; il permet la pleine association des personnes à la gestion des structures sanitaires et sociales (mutualistes ou non) ; il constitue, en dernière analyse, un outil de promotion de la Sécurité sociale, puisque « la Mutualité sait d'expérience que les conditions dans lesquelles [le] droit à la Sécurité sociale sera assuré auront des conséquences décisives sur la capacité à promouvoir la santé des individus ». Défendre le mutualisme, dans cette conception, c'est donc défendre la Sécurité sociale. Et réciproquement.
Comment ne pas être d’accord avec le diagnostic de Jacques Julliard ? La montée en puissance dans les années 1980 d’un capitalisme actionnarial a peu à peu enrayé la dynamique démocratique et avec elle l’espoir d’un approfondissement et d’une universalisation progressive du modèle incarné par le capitalisme rhénan, la social-démocratie scandinave ou la planification à la française.
Si l’évaluation n’est pas une pratique nouvelle dans le monde associatif, on constate que les enjeux qui lui sont liés ont tendance à croitre. Dans cette communication, je tenterai de réfléchir, à partir du livre dont discutons aujourd’hui, au potentiel démocratique des dispositifs d’évaluation. J’articulerai mon propos en deux temps. Dans un premier temps, je présenterai l’évaluation comme un dispositif central du management et j’en proposerai une déconstruction rapide. Dans un second temps, cette déconstruction me servira à discuter des effets de l’évaluation sur chacune des parties prenantes associatives et ainsi de réfléchir aux enjeux démocratiques de l’évaluation.
A l'image du secteur social et médico-social dont elle est issue, la formation des travailleurs sociaux se présente comme un paysage émietté et percuté par de multiples changements législatifs et culturels. Nous sommes face à une configuration qui, si elle n'a jamais été simple, aura rarement connu un tel degré de complexité.
Avec l'aimable autorisation de l'auteur, nous reproduisons ici l'introduction de La démocratie, un enjeu pour les associations d'action sociale, sous la direction de Joseph Haeringer, Collection « Solidarité et société » - Editons Desclée de Brouwer, 2008.
Avec l’aimable autorisation de l’auteur, nous reproduisons ici le prologue et l’introduction de La délicate essence du socialisme, qui vient de paraître aux Editions Le Bord de l’eau.
Cette conférence a été prononcée le 25 juin 2007, dans le cadre de la journée de l'Université populaire et citoyenne de Paris : « Reconfigurer les rapports entre économie et solidarité : associations, coopératives et entreprises sociales ».